La période du sevrage alimentaire chez les perroquets, déroulement et conséquences

Vous trouverez ici de précieux conseils pour nourrir vos perroquets et prendre soin d'eux.
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La période du sevrage alimentaire chez les perroquets, déroulement et conséquences

Messagepar angelk » 19 Mar 2012, 23:16

La période du sevrage alimentaire chez les perroquets, déroulement et conséquences

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Je suis impatient d'être grand mais pas encore tout à fait "fini", d'ailleurs je n'ai pas encore toutes mes plumes. J'ai encore besoin d'être nourri par mes parents ou à la main.


Chez les perroquets, il existe différentes tranches d'âge préconisées suivant l'espèce en ce qui concerne le sevrage. Les gris du Gabon quittent le nid autour de dix ou onze semaines mais sont encore dépendants de leurs parents à cet âge par exemple.

Mais là où le bat blesse, c'est que l'âge du sevrage définitif est controversé. En 1991, De Graal parlait de quatre mois, tandis que certains éleveurs évoquent jusqu'à six mois. L'explication à ces contradictions apparentes est en réalité fort simple. Comme nous le savons, les perroquets si'nscrivent tous dans certaines généralités suivant l'espèce à laquelle ils appartiennent, mais chacun est malgré tout différent. C'est le cas également en matière de sevrage. En dépit de la base sur laquelle il est possible de trouver un repère, chacun apprend à manger et se débrouiller seul et de façon complètement autonome à un âge distinct, un peu comme c'est le cas chez nos enfants humains. De ce fait, le sevrage doit s'accompagner d'une vérification régulière de la prise de poids, surtout s'agissant d'EAM (élevage à la main). Le sevrage forcé est donc complètement contre-indiqué, même si certains éleveurs peu scrupuleux le pratiquent parfois, en vue de vendre plus rapidement leurs petits.

Cela ne fait que les rendre plus insécures et augmenter leur capacité à ressentir le stress, une première expérience dont ils risquent de se souvenir longtemps. Certains prétendent même que l'oiseau qui a faim mangera plus facilement tout seul, ce qui revient à dire que priver un oisillon de nourriture facilite le sevrage. Vous l'aurez compris, il s'agit là encore d'une contre-vérité. L'idéal pour que le sevrage soit correctement réalisé, sans effet négatif sur le psychisme du psittacidé, est de continuer à proposer le nourrissage à la main jusqu'à ce que l'animal le refuse, ce qui se manifeste progressivement. Dès l'âge de sept semaines, il est possible de proposer des branches de millet, des légumes frais et du maïs doux. A cet âge, la curiosité alimentaire est à son comble, ce qui se révèle l'occasion idéale pour faire découvrir de nouvelles saveurs par le biais de repas composés notamment de fruits et légumes variés.

Hélas, nombre de perroquets sont proposés à la vente avant d'être totalement sevrés. Pour forcer la main des adoptants, certains éleveurs prétendent que cela renforce les liens avec leur humain. Depuis 1987, nous savons que cette affirmation est complètement infondée. Low l'a alors démontré. Cet usage ne vise qu'à réduire la quantité de travail à fournir par l'éleveur et lui éviter d'avoir à gérer la transition entre le nourrissage à la main et le sevrage définitif. D'ailleurs, les acquéreurs ne se font généralement pas prier pour rapporter chez eux leur bébé oiseau et s'en occuper. Les éleveurs le savent. Comment ne pas craquer devant cette petite boule de plumes ?

Or, ce qui reste tu dans l'histoire, ce sont les risques encourus par l'animal. Un oiseau non sevré est beaucoup plus fragile pour faire face aux changements survenant dans son environnement. De plus, le nourrissage à la main requiert une certaine dextérité et une expérience qui n'apparaissent pas par magie. Par manque de connaissance ou par maladresse, le nouveau propriétaire peut commettre des erreurs fatales, comme sous-alimenter le petit ou causer une fausse-route. C'est pourquoi mieux vaut se décharger de cette responsabilité sur un professionnel, accoutumé à ces pratiques.

D'ailleurs, idéalement, un jeune perroquet élevé à la main devrait pouvoir vivre quelques semaines auprès d'autres oiseaux de différents âges, le temps pour lui d'apprendre à reconnaître les codes sociaux propres à son espèce en observant ses congénères. C'est hélas très rarement le cas.

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Moi je mangé seul. Désormais j'attends mon humain "charmant", celui qui saura me rendre heureux.


Source :
LOW R., (1987) Hand-rearing parrots and other birds, Blandford press Link House, Poole

Christine
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Re: La période du sevrage alimentaire chez les perroquets, déroulement et conséquences

Messagepar Christine » 20 Mar 2012, 11:30

Merci, Angelk, pour cet article si riche! 8-) Je ne sais pas par où commencer...

Le sevrage forcé est une ineptie, qu'il soit le résultat du manque de sérieux et de l'âpreté au gain du vendeur, ou la conséquence de l'ignorance et du manque d'expérience de l'acheteur. Bonne foi et mauvaise foi sont ici à égalité devant les conséquences pour nos boules de plumes.Merci de provoquer chez nous cette prise de conscience...

Pour moi, la phrase-clé de ton article est que l'on doit pratiquer le nourrissage à la main jusqu'à ce que l'oiseau le refuse de lui-même, progressivement. A une époque où l'on croit pouvoir tout maîtriser, tout contrôler, tout diriger, où l'on croit que tout dépend de notre volonté et de notre savoir-faire, ce constat me semble d'une grande sagesse. :pom:

Lorsqu'il est arrivé à la maison, Bob avait 4 mois et il était sevré. Mais pendant quelques mois, j'ai ajouté régulièrement à ses extrudés des légumes cuits (courgettes, poivrons, carottes) dont il se régalait.Il en avait sans doute besoin, car maintenant, c'est fini: quand je lui en propose, il me les jette à la figure! :(
J'ai envie de faire une comparaison qui va peut-être vous surprendre: Lorsque les enfants (humains) sont petits, ils ont besoin qu'on leur lise des histoires avant de s'endormir.Ils adorent ça, mais certains parents décident d'arrêter lorsque leurs enfants savent lire tout seuls, car ils estiment qu'ils sont maintenant "assez grands". J'ai continué à lire des histoires à mes enfants tant qu'ils m'en ont réclamées, jusqu'à ce qu'ils n'en veuillent plus. Le sevrage "affectif" s'est fait tout seul... :wink:
"Comme un oiseau que stupéfie une ligne tracée devant lui sur le sol" Julien Gracq

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Re: La période du sevrage alimentaire chez les perroquets, déroulement et conséquences

Messagepar angelk » 20 Mar 2012, 11:38

Ton parallèle est complètement adapté, nous l'utilisons d'ailleurs souvent lorsqu'il s'agit de perroquets, dans leurs réactions et besoins sont similaires à ceux d'enfants humains en bas âge. Je crois sincèrement que c'est lorsque l'on est persuadé de tout savoir sur les perroquets que l'on en sait le moins. Chaque fait considéré comme une vérité est le fruit de très longues recherches de la part des scientifiques, dont certaines s'étalant sur plusieurs années. Par conséquent, quoi que nous croyions savoir, ce n'est qu'une poussière à l'échelle de tout ce que nous ignorons encore sur ces merveilleux oiseaux.


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