Ara de Spix, ou cyanopsitta spixii

Les espèces de becs crochus sauvages, interdites à la détention en captivité, ou éteintes
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angelk
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Ara de Spix, ou cyanopsitta spixii

Messagepar angelk » 28 Mai 2010, 09:24

Ara de Spix, ou cyanopsitta spixii

Spix1.jpg


L’Ara de Spix (Cyanopsitta spixii) est un Psittacidae de taille moyenne, entièrement bleu, légèrement verdâtre sur la poitrine et le ventre. La tête est gris clair teintée de bleu et le bec noirâtre. Il mesure environ 56 cm.
Il est originaire du Nord-est du Brésil, vivant dans un bush semi aride planté de palmiers, où il a été découvert en 1819 par le docteur Johann Baptist Ritter von Spix sur la rivière Sao Francisco.

C'est un oiseau que l'homme a mis 181 ans à faire disparaître de la nature. Bien que totalement protégé par la législation brésilienne depuis 1967, l'Ara de Spix n’a été redécouvert dans la nature qu’en 1985, quand 5 oiseaux (dont 2 couples) furent localisés dans le Nord de l’État de Bahia. Des braconniers avaient sévi dans la région pendant une quinzaine d’années, capturant au minimum 23 oiseaux, voire 40, et il semble qu’en 1988 les 5 derniers aient été victimes du braconnage. Mais un dernier survivant sauvage fut localisé en 1990. On se rendit compte alors que cela n'expliquait qu'en partie la raréfaction récente de l’espèce. Sa cause essentielle était la destruction des forêts constituant son habitat de nidification, dont il ne subsistait plus que 30km².

En 1990, un Comité permanent pour la restauration du Ara de Spix fut créé. Il rassemblait diverses parties intéressées, dont la plupart des détenteurs d’oiseaux captifs, ainsi que des représentants d’organismes internationaux de conservation de la nature. Des essais furent tentés afin d’améliorer les résultats de la reproduction en captivité, ce qui porta à plus de 30 individus le nombre d’aras captifs. Mais la plupart de ceux-ci étaient très apparentés, ce qui pouvait entraîner des problèmes de consanguinité. En outre, se posait la question de savoir si des oiseaux nés en captivité avaient la capacité de servir réellement les intérêts de l’espèce. En effet, chez les aras, les relations avec leur milieu sont basées sur l’apprentissage et la transmission des traditions. Il leur faut des années pour découvrir les secrets de leur environnement, et il semble peu probable que des oiseaux nés en captivité et appartenant à une espèce éteinte à l’état sauvage seraient aptes, en partant de zéro, à retrouver les informations dont ils ont besoin.

En 1995, on fit une analyse des plumes du Ara de Spix encore en liberté, pour en confirmer le sexe (mâle). Une femelle captive mais d’origine sauvage fut relâchée pour le rejoindre. Cependant, le mâle sauvage s’était apparié avec un Ara d'Illiger solitaire, et bien que la femelle relâchée ait rencontré le mâle, ils ne formèrent pas de couple, peut-être à cause de l’Ara d’Illiger, et par conséquent la femelle disparut. Quant au mâle, il n’a plus été revu depuis l'an 2000 et il est probablement mort ; selon l'IUCN, l’espèce est donc désormais probablement éteinte dans la nature, et ne subsiste plus qu’en captivité.

L'Ara de Spix figure à l’annexe I de la CITES depuis sa création (cette annexe I regroupe les espèces dont le statut est si défavorable qu’aucune forme de commerce n’est acceptable). Sa possession privée a même été prohibée par la loi brésilienne dans les années 1960, ce qui n’a pas empêché les derniers spécimens d’aboutir entre les mains des plus riches collectionneurs du monde. Aucune législation n’a pu à elle seule aider cette espèce aussi convoitée.

Les quelques dizaines d'individus vivant en captivité sont désormais présents au Qatar, aux Canaries (Espagne), en Allemagne et au Brésil même. Une coordination est actuellement mise en place pour reconstituer une population plus importante par échange des individus.

L'histoire qui suit relate la découverte en 2002 d'un Ara de Spix chez un particulier et la tentative de réintroduction de cet oiseau dans son habitat naturel. C'est sans doute l'une des dernières chances de revoir un jour ce perroquet dans la nature.


Un oiseau rare rentre définitivement à la maison
© 2002, extrait du Washington Post.
(Traduction : Olivier Arnoult, correction angelk)

En 2002, un des oiseaux les plus rares du monde s’est envolé de Denver, à destination de Miami dans une petite cage, calé sur un siège de la classe affaire d’un vol d’American Airlines. Dans une zone calme de l’aéroport de Miami, des officiels apportent le Ara de Spix à un conservationiste Brésilien. Ce qui marque la fin d’une extraordinaire opération de cinq mois ayant rassemblé des passionnés d’oiseaux, des généticiens et des membres du gouvernement, ayant œuvré de concert, pour rapatrier l’oiseau originaire du Brésil dont le statut est aux portes de l’extinction.
Ce perroquet était le seul Ara de Spix connu au États-Unis. Alors que cette espèce est protégée par des traités internationaux, cet oiseau a probablement été capturé et importé illégalement aux États-Unis il y a au moins 25 ans. De grands espoirs se portent sur le retour de cet oiseau au Brésil, car cela apporterait une diversité génétique aux quelques douzaine d’oiseaux restant et tous consanguins, et peut-être même sauver l’espèce de l’extinction.
Ce perroquet a été découvert par accident dans l’état du Colorado quand une femme de la banlieue de Denver a contacté le bureau d’un vétérinaire aviaire au mois d’août. Mischelle Muck, une passionnée de perroquet a répondu à l’appel. La femme lui dit qu’elle détenait un Ara de Spix et lui posa des questions sur les soins à apporter à l’oiseau.
Muck, sachant que les détenteurs d’oiseaux on parfois des questions bizarres, resta septique.
Le Ara de Spix était éteint dans la nature, et il n’ y avait qu’une soixantaine d’oiseaux en captivité. La majorité étant inscrits dans un programme d’élevage Brésilien. Bien qu’il y ait eu des rumeurs d’un ara de Spix quelque part au Colorado, Mulk pensait qu’il ne s’agissait que de commérages.
Elle mit cette femme en rapport avec le World Parrot Trust, un groupe international de passionnés. Son directeur, James Gilardi, la poussa immédiatement à rapatrier l’oiseau au Brésil.
En août, après différents entretiens téléphoniques, la propriétaire accepta de recevoir Muck dans sa maison de la banlieue de Denver.
Dès qu’elle entra, Muck vit une petite cage cubique. Puis elle vit l’oiseau, et son cœur se mit à battre très fort, car il s’agissait bel et bien d’un Ara de Spix.
Depuis des années, Muck a suivi la disparition de cette espèce, introuvable dans la nature depuis deux ans. Leur population fut décimée par des trafiquants peut scrupuleux pour les arracher à leur forêt tropicale natale, les exporter illégalement, et les vendre à de riches collectionneurs à travers le monde. Ces pratiques qui ne peuvent que choquer les amoureux des animaux, et la vue d’un Ara de Spix dans un salon d’une balieue Américaine arracha quelques larmes aux yeux de Munck.
La propriétaire dit aux autorités qu’elle avait l’oiseau depuis la fin des années 1970 et les enquêteurs pensent qu’il n’y a eu qu’un ou deux intermédiaires entre elle et les trafiquants. L’agent spécial Georges Morrison du U.S. Fish & Wildlife Service, en charge du dossier annonça que les recherches n’avaient pas abouti mais que des investigations étaient toujours en cours.
Affirmant qu’elle n’était pas au courant de la rareté de l’oiseau elle l’accoupla avec une amazone et l’appela Presley. Les aras étant des oiseaux très sociaux, s’accouplant généralement pour la vie, les deux oiseaux s’attachèrent l’un à l’autre. L’amazone mourut cette année, laissant le Ara de Spix profondément apathique.
Du fait de l’origine inconnue de l’oiseau, les experts ont estimé l’age de l’oiseau entre 25 et 50 ans. Gilardi estime que les perroquets peuvent vivre entre 50 et 60 ans en captivité et sont capable de se reproduire jusqu'à leur mort.
Muck nota que les perchoirs de la cage étaient trop gros, obligeant l’oiseau à se tenir à plat au lieu de s’agripper. Ses pattes s'étaient affaiblies et son régime alimentaire était pauvre. La propriétaire avait nourrit l’oiseau avec des granulés du commerce. Muck savait que les oiseaux avaient besoin d’un régime alimentaire plus riche. La propriétaire avait aussi eu des difficultés à le baigner.
Dans les semaines qui suivirent, alors que Gilardi travaillait avec les officiels Américains et Brésiliens pour le rapatriement de l’oiseau, Muck commença à lui changer son régime alimentaire et lui donner des jouets. Du fait des investigations en cours tout fut garder secret.
Muck dit qu’elle n’acheta rien provenant d’animaleries. Elle ne voulait pas infecter le Ara de Spix en rapportant quelque chose de contaminé par d’autres oiseaux. Les jouets provenaient directement des cartons d’emballage des grossistes, les graines directement de chez les fabricants. Beaucoup des fournisseurs étant des amis de Muck appartenant à la communauté des aviculteurs, ils la fournirent en divers produits sans lui poser de questions, même lorsqu’elle leur demandait de laver ces produits avant de les lui envoyer.
"Tu dois venir faire un tour avec moi et prendre des affaires pour te changer", dit un jour Muck à un vétérinaire qu’elle emmena voir le perroquet. "Tu dois te doucher avant de sortir".
Comme il est difficile de déterminer visuellement le sexe d’un oiseau, quelques plumes et un échantillon sanguin furent envoyés au zoo de San Diego, où le généticien Oliver Ryder détermina par une analyse ADN que l’oiseau était un mâle. Il isola aussi quelques cellules, les cultiva en millions, et les congela dans la banque de gènes du zoo.
La culture de cellules est le seul échantillon congelé connu de cellules du Ara de Spix, et pourrait un jour conduire à de nouvelles recherches, et peut-être même le clonage si l’espèce disparaît.
Au Colorado, Muck et l’agent spécial Morisson déplacèrent l’oiseau vers un lieu sûr. Muck fabriqua une cage spacieuse avec de nombreux perchoirs et y disposa une nourriture variée. Elle lui fit faire de l’exercice deux fois par jour en lui faisant déployer ses ailes et fortifier ses muscles, l’habituant à différentes nourritures en les déplaçant par rapport aux perchoirs.
Elle prit soin de ne pas imprégner l’oiseau, le but étant de le sociabiliser avec d’autres perroquets. Muck apporta un autre perroquet pour lui tenir compagnie.
Du fait que les perroquets en captivité sont souvent privés des cris d’appel de leurs congénères, Muck enregistra sur cassette les cris du ara pour les lui faire entendre. Ces sons excitèrent Presley qui émergea graduellement de son apathie.
Des officiels du zoo de Denver déterminèrent quand le perroquet serait prêt pour un voyage de 20 heures vers le Brésil.
Dimanche, avec Presley pesant environ 400g, soit 100g de plus que quand elle l’avait récupéré, Muck et Morrison l’on apportèrent à l’aéroport de Denver. Les agents de sécurité dévisagèrent Muck, qui avait payé elle-même son billet, lorsqu'elle plaça l'oiseau dans sa chemise pour passer le portique de sécurité. A bord, les cris de Presley attirèrent l’attention.
Un enfant tout proche a demanda, "Quel est ce bruit ? " et Muck entendit les parents répondre
"C’est un perroquet comme celui de grand-mère".
Elle pensa en elle-même " J’espère que grand-mère n’a pas un perroquet comme celui-là".
A l’aéroport de Miami, Muck et Morrison confièrent le perroquet à Iolita Bampi, une responsable de la protection de la nature Brésilienne. Muck fit ses adieux, et après au moins un quart de siècle de captivité dans un autre pays, Presley rentra à la maison.
Hier, la biologiste Fernana Vaz du zoo de Sao Paolo dit que Presley allait bien, qu’il mangeait bien et était en très bonne santé. Il est prévu de le déplacer vers Recife où le programme d’élevage est en cours.
"Dans 15 ans, il y a toute vraisemblance que nous parlions de Presley ayant reproduit ou que ses gènes aient été clonés" dit Gilardi. "D’une certaine mesure, il contribuera à la propagation de l’espèce".

Spix2-ara.jpg


Sources* :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ara_de_Spix

http://www.psitta.info/Psittacinae/Cyanopsitta/spixii/

http://zoohouse.over-blog.com/article-710987.html

Le Washington Post

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