Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

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Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar angelk » 31 Mai 2012, 22:51

Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

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François Levaillant (1753-1824) était un explorateur français passionné d'ornithologie. Issu d'une famille de juristes , il s'est marié à Lunéville en 1773 à Suzanne Denoor, pour en divorcer en 1793. Avec sa seconde épouse, Perrette Charlotte Foyot, il a donné naissance à plusieurs enfants, outre ceux issus de sa première union, dont un certain Jean-Jacques Rousseau, qui deviendra plus tard le naturaliste que l'on connait.

Dès son plus jeune âge, passé en Guyane française et plus précisément à Paramaribo, Levaillant témoignait un intérêt particulier pour la faune, la flore et les espèces sauvages. En 1763, il est parti étudier en Allemagne, puis de 1765 à 1772, en Alsace, où il a fait la connaissance de Jean-Baptiste Bécoeur, qui possédait la plus grande collection ornithologique de l'époque. Ce dernier lui a enseigné comment conserver des oiseaux. Dès 1777, le pli était pris. François Levaillant est parti étudier l'ornithologie à Paris, mais sans tirer aucune satisfaction des collections d'oiseau naturalisés qu'il a pu y voir.

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En 1781, Il est envoyé par Jacob Temminck, trésorier de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, en Afrique du Sud. Il en est revienu trois années plus tard, les bras chargés de la peau d'une girafe et de plus de deux mille oiseaux qui allaient constituer sa propre collection d'espèces sauvages. Hélas, il n'a été accueilli que par des critiques et des moqueries. Après quinze ans de vaines tentatives pour vendre sa collection au Musée national d'Histoire Naturelle, il a été contraint de vendre et disperser tout ce qu'il a mis tant de temps à réunir.

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Il a alors commencé à mettre sur le papier le récit de ses souvenirs d’explorateur. En 1790 , il a publié un premier ouvrage intitulé " Voyage dans l'Intérieur de l'Afrique " dont le succès international l'a sans doute encouragé à poursuivre en 1796, avec la publication de son " Second voyage dans l'intérieur de l'Afrique " . Entre 1799 et 1808, c'est un recueil de six volumes intitulé " Histoire naturelle des oiseaux d'Afrique " qu'il allait éditer, le tout richement illustré par Jacques Barraband. Le succès était une fois encore au rendez-vous. Les publications se sont dès lors enchaînées avec de 1801 à 1804, " l'Histoire naturelle d'une partie d'oiseaux nouveaux et rares de l'Amérique et des Indes ", l'Histoire naturelle des oiseaux de paradis " , " l'Histoire naturelle des perroquets " et " l'Histoire naturelle des calaos " .

Ses derniers ouvrages ont cependant été moins bien accueillis par le public et la critique, qui est allée jusqu'à lui reprocher de ne pas rapporter fidèlement ce qu'il avait vu pour mieux vendre ses livres. Des animaux semblaient en effet avoir été créés de toutes pièces dans certaines de ses descriptions. Mais cela n'était pas un illogisme en soi. En effet, déjà Léonard de Vinci en son temps avait indiqué que le seul moyen de représenter ce que l'on avait appris d'après des récits et descriptions sans jamais l'avoir vu était de partir de ce que l'on connaissait. Cela revenait à dire qu'un assemblage de créatures connues permettait d'obtenir une chimère crédible, faute de pouvoir observer et représenter l'original. Il y avait également une particularité à laquelle il était très attaché, à savoir ne pas utiliser la double nomenclature instaurée par Carl von Linné, aussi n'a-t-il volontairement donné qu'un nom français aux nouvelles espèces qu'il évoque. Sa prise de parti reposait sur le fait que Linné n'avait pu observer les espèces qu'il nommait que mortes, dans son laboratoire. Or, Levaillant considérait que le seul moyen de pouvoir les distinguer les unes des autres sans erreur était de les observer vivantes, dans leur milieu naturel. En dépit du débat soulevé à l'époque, il a ouvert les portes de la connaissance de la faune et de la flore d'Afrique du sud à ses contemporains. Nous vous invitons à présent à découvrir quelques unes des illustrations somptueuses figurant dans les ouvrages publiés par Levaillant et Barraband. Livrez-vous à petit jeu en essayant d'établir le parallèle entre les perroquets représentés ici et ceux que l'on connaît de nos jours. Vous verrez à quel point cela peut s'avérer difficile.

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Source : http://www.africam.com/

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Re: Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar Maud » 03 Juin 2012, 13:11

Ces gravures sont superbes en tous cas, malgré le fait que les couleurs d'origine n'aient pas été respectées 8-)
C'était assez avant gardiste finalement car quand on voit les mutations aujourd'hui, ces oiseaux en sont assez proche.
Que signifie le mot "tapiré" exactement :?:
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Re: Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar angelk » 03 Juin 2012, 13:27

Tu connais sans doute les grenouilles dendrobates, puisque nous en avons parlé ICI.
Un autre naturaliste,nommé Buffon, disait à leur sujet :
" Ils (les peuples sauvages) frottent du sang de cette grenouille [la rainette] le perroquet à demi plumé ; les plumes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu'elles étaient, deviennent d'un beau jaune ou d'un trés-beau rouge ; c'est ce qu'on appelle en France perroquets tapirés. "
C'est cet éclaircissement que l'on nommait par association d'idées " tapiré " à l'époque de Levaillant. On pensait sans doute alors soit que les plumes les plus claires n'étaient pas un phénomène naturel soit que leur aspect était semblable à celui d'oiseaux aux plumes décolorées .

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Re: Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar Maud » 03 Juin 2012, 13:33

:-D Merci pour ta réponse qui est plus très intéressante 8-)
Le sang de la rainette faisait donc office d'eau oxygénée à l'époque! Ton lien ne marche pas, mais cette croyance est elle vraie :?:
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Re: Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar angelk » 03 Juin 2012, 13:36

C'est parce-que je suis une grosse quiche qui avait oublié le lien. C'est réparé. :grin:
De nos jours,on pense davantage que c'est le mucus de cette grenouille qui produit cet effet, ce qui est plus crédible.

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Re: Les perroquets vus par les naturalistes : François Levaillant (1753-1824)

Messagepar Maud » 03 Juin 2012, 13:42

J'avais zappé cet article à l'époque, merci pour le lien :wink:
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